jeudi 2 août 2012

Mercredi 18 juillet 2012

Hier petite ballade jusqu'à la Volga avec Patrick et Sahondra puis repas dans son hôtel ***.

Mine de rien, la discussion n'est pas aisée. Tout a été dit par le Monde ou pour France Culture et quand on vient sur place cela se confirme. C'est une erreur. Quand un pays parle d'un autre, il parle depuis sa vie intérieur comme nous parlons de nos connaissances ou nos voisins. C'est pour cette raison, il nous est plus facile de résoudre leurs problèmes que les notres.
Ainsi en France nous savons qui est Lénine ou Staline, ce qu'est la guerre froide, les interventions russes en Hongrie en 1956 et en Tchécoslovaquie en 1968. Le problème c'est qu'en 1956 ou en 1968 « l'opinion publique » d'ici n'y voyait aucun inconvénient et que celle d'aujourd'hui n'est pas concernée. Et puis ils avaient d'autres chats à fouetter.


Ainsi hier, cours de conversation avec Larissa. Le thème : votre logement à Yaroslav et à Maubeuge. Evidemment le but c'est le vocabulaire et non une enquête sociale. Et voilà l'histoire de l'immobilier russe en trois époques :de 1917 à 1961, de 1961 à 1992 et de 1992 à nos jours.
Après 1917, toutes les maisons des riches sont réquisitionnées. Eux n'y occupent plus qu'une pièce avec les utilités au milieu du peuple qui touche sa pièce également. Ce logement s'appelle « komunalka ».
En 1961, arrive Kroutchev. Tout le monde doit avoir un logement de 3 pièces, « une kroutchevka ». Pas de loyer et attribution municipale. Mais on paie l'électricité et le gaz.
1992, fin du communisme. Les « kroutchevkas » périclitent car il n'y a pas d'argent pour les entretenir surtout avec le niveau des salaires qui s'effondre : pas question de mettre en place une politique de frais réels. Et les petits et gros riches qui se font construire des petits et « grands palais ».
En France, à la même époque nous avons eu la loi Loucheur, les HBM, les HLM et une politique de suppression des bidonvilles.
En Russie cela se fait dans le contexte de la Révolution de 1917 et en France dans le contexte de l'urbanisation de la France. Le langage officiel est différent : impossible de dialoguer mais les réalité est la même : les deux pays ont du faire face à l'industrialisation et à l'urbanisation. Aller à Yaroslav en 2012, c'est écouter quelle est la pensée qui mène ce pays aujourd'hui et c'est une pensée différente de celle de la France ainsi que de ce que dit le journaliste du Monde qui doit plus tenir compte de la culture de ses lecteurs français que celles des Russes qui ne le liront pas.


Autre conversation pour améliorer la connaissance du vocabulaire russe.
« Il y a un stéréotype sur les français ». Ça commence souvent comme cela. Natalia ou Larissa utilisent ce mot plutôt que préjugé sur car elles font semblant de ne y donner foi. Avant hier, Natalia arrive en retard. Gagné : il y a un stéréotype sur les Français qui dit qu'ils sont toujours en retard... Justifiez-vous ! Hier, Larissa, toujours pour améliorer le vocabulaire, parle de l'habitude des français à manger des grenouilles. Et on y va. Sans connivence. On sent qu'elle n'en mangera jamais puisqu'à aucun moment elle ne parle d'elle. Combien de fois en as-tu manger, c'est bon, toute la grenouille ou les cuisses, avec la peau ou sans la peau.
Il faut pas en faire un incident diplomatique. Mais c'est la réponse du berger à la bergère. Plus haut, à oui le communisme en Russie, nous connaissons. Plus bas, Larissa, la citadine de Yaroslav sait que penser de cette habitude de manger des grenouilles.


Donc, il faut aller à Yaroslav pour comparer le vie quotidienne en France avec la vie quotidienne en Russie.

A 21h10, maman ( Valentina) m'appelle. Alors, Georges, vous rentrez quand ? Bientôt. Vous avez manger ? Bien sûr. A tout de suite.

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