Toute la journée on aurait pu penser qu'il allait pleuvoir mais le
soleil a sécher les trois gouttes qui étaient tombées le matin
pour reprendre sa place habituelle à 30°.
Natalie parle d'un bâteau qui fait l'aller retour entre Yaroslavl et le maonastère de Tolga. Voilà un voyage pour
vendredi. Et elle parle du parc du Miilénium ( millième anniversaire de la fondation de Yaroslavl en 2010) ou se trouve en
outre un jardin botanique, un planétarium et encore d'autres lieux à visiter. Ce sera pour samedi.
Mais tous les charmes de la ville sont loin d'être épuisés.
D'abord, le Musée historique de la Ville, fermé le mardi. A 13h,
trois visiteurs pour 5 babouchkas. Elles allument les lumières de la
salle dans laquelle on entre puis les ferment. Peu de choses à voir. Une
série de cartes montrant l'évolution de la ville, l'époque communiste
avec une liste incomplète probablement des habitants fusillés dans les
années 20 et 30 avec leurs noms et leurs âges. Cela remplace-t-il
un grand monument en ville? Une exposition de photos. Et toujours la
caissière qui cette fois-ci découpe les billets d'entrées avec une règle
plate et indique - progrès par rapport au Kremlin - le nom de
l'exposition au stylo.
Découverte de la Maison Poitiers-Yaroslav. C'est ouvert de 10h à 20
mais "sonnez si c'est fermé". Trois dames dont la directrice. C'est un
bel ensemble de salles diverses: bibliothèque, télévision et
magnétoscope, salles de cours et salle de conférence. Ce sont les
vacances
et la langue française disparaît des écoles et lycées de la ville.
Suprème récompense: elle a encore quelques dépliants de la ville en
français. A son avis, Avenue Sovietskaïa, il y a un kiosque à journaux
où on trouve des textes étrangers. Chou blanc mais par contre occasion
de découvrir l'architecture triomphante soviétique remise au gout du
jour.
En face de la Maison de Poitiers, l'Eglise de l'Epiphanie, la
révélation de Jésus lors de son baptème. C'est un musée. Les fresques
sont en mauvais état. Toute la vie du Christ telle qu'elle est racontée
dans les évangiles. Elle date du XVII°. Chez nous on penserait aux
églises romanes du Moyen Age.
Et le soir, sur la chaîne K comme Kultura, l'Idiot de Dostoïevsky en plusieurs épisodes.
L'intérêt de cette immersion totale est capitale. A aucun moment, on
ne peut ranger dans nos armoires françaises ce que l'on voit ici car on
ne juge du russe qu'à partir du russe et du français qu'à partir du
français. Prenons un mètre: le zéro est à sa place et le 100 à la
sienne. Quand nous sommes sur le zéro nous ne sommes pas sur le 100.
Quand nous sommes en France, nous ne sommes pas en Russie et
réciproquement. Dans un voyage organisé de Français en Russie, on ne
cesse de tout ramener à notre France et le plus grand piège est la
langue. Il faut penser à une certaine incommunicabilité entre les pays.
Cela peut se règler de deux manières. Un émigré construit peu à peu une
synthèse entre sa culture de départ et celle de l'arrivée avec un
facteur important: le temps c'est à dire combien de temps il a vécu ou
vit dans chaque pays. L'autre c'est quand il y a des confrontations ou
des rapprochements de pays à pays mais la Russie est trop loin de la
France pour qu'on puisse y assister autrement que de manière très
ponctuelle.
La journée se termine dans la canicule et les devoirs de vacances.
R2012 - Pour votre et pour notre liberté le 25 janvier 1831 - De l'incommunicabilité entre les Etats
Yaroslavl - Trois semaines de contacts avec la langue russe et avec la ville. En souvenir des dékabristes soutenus par les insurgés de Varsovie en 1830, en souvenir également d'André Gide - Retour de Russie - novembre 1936. Mais quand je suis au milieu des miens, famille ou état, les autres restent des autres bien différents, eux vis à vis des miens et les miens vis à vis des autres. On enseigne la France en France et non un autre pays!
jeudi 2 août 2012
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